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Intelligence territoriale et développement durable

Le territoire est intégrateur de processus étudiés par des disciplines variées.Ces processus mettent en jeu des ressources naturelles et culturelles, des stratégies individuelles et collectives, avec des couplages entre ces dynamiques. L'intelligence de cette complexité justifie le recours à des modèles de simulation, pour comprendre la relation entre les processus et les structures, pour agir individuellement et collectivement, et pour évaluer les impacts sur la viabilité des structures spatiales. Ces modèles étant des instruments importants d'aide à la décision, ils peuvent contribuer à modifier l'évolution des territoires.


Grands défis:

  • 1 Comprendre la différenciation territoriale

comprendre quels processus engendrent des différenciations territoriales à partir d'interactions individuelles, collectives et institutionnelles (émergence-immergence), et les intégrer dans des modèles génériques à différentes échelles (du local au mondial)

  • 2 Vers une gouvernance territoriale réflexive

accompagner la gouvernance multi-acteurs et multi-niveaux comme levier d'action pour coordonner le fonctionnement et l'évolution des territoires dans un contexte de multiplication des réseaux et des lieux de pouvoir

  • 3 Viabilité et observation des territoires


améliorer les connaissances relatives à la viabilité à long terme des entités géographiques (dans leurs dimensions sociale, économique, écologique,éthique), quelles ontologies, échelles et maillages sont pertinents pour étudier la viabilité des territoires?

  • Mots-clés : territoires urbains et ruraux, région, réseau, systèmes de villes, viabilité, gouvernance,démarche multi-acteurs et multi-niveaux,ressources, régulation, aide à la décision, négociation, développement, systèmes d'information géographique, automates cellulaires, systèmes multi-agents.


Groupe de travail:
Pierre Auger
Olivier Barreteau
Jean-Bernard Baillon
Rémy Bouche
Danièle Bourcier
Paul Bourgine
Elisabeth Dubois-Violette
Jean-Pierre Gaudin
Elisabeth Giaccobino
Bernard Hubert
Jean-Pierre Leca
Jean-Pierre Muller
Ioan Negrutiu
Denise Pumain

1 Comprendre la différenciation territoriale


Les territoires se recomposent aux différentes échelles, locales et mondiales, à la faveur de l’expansion des réseaux matériels et immatériels et de la diversification des lieux d’initiative. Des «territoires en réseaux », jouant sur les connexités et plus seulement sur les continuités se constituent, par exemple à l’échelon des individus comme au niveau des entreprises mondialisées, en même temps que se produisent des recouvrements partiels d’autres territoires, par exemple lorsqu’ils relèvent de plusieurs centres de décision. Les modèles territoriaux classiques sont-ils toujours pertinents pour représenter les différenciations ? Par quoi les remplacer ?

L’évolution temporelle des territoires, par exemple décrite en termes de géohistoire, de viabilité des territoires, de capacité d'adaptation, du maintien des interactions, doit être mise en relation avec des processus tels que des institutions, des innovations technologiques, des transformations des pratiques sociales et des représentations. Dans cette dynamique, les modalités de circulation et de concentration de l’information paraissent essentielles.

Les systèmes d’information géographique sont des outils de visualisation et d’intégration des informations géoréférencées, il s’agit de coupler leur richesse de représentations avec des modèles dynamiques qui calculent les évolutions. Un point de méthode commun aux autres défis de l’intelligence territoriale est de réussir des couplages entre modèles dynamiques et systèmes d'information géographique, qui participent de la conception des modèles en intégrant des données multi-sources. Plusieurs démarches sont à expérimenter pour comprendre les dynamiques: composer des petits modèles de faits stylisés modulables, ou produire des modèles dynamiques multi-échelles, par exemple qui soient capables d’utiliser, quand elles existent, les informations des grandes enquêtes démographiques ou sociétales pour paramétrer des modèles d'agents individuels dans la formation des entités géographiques. Il s’agit aussi d’utiliser les modèles pour combler les lacunes de l’information géoréférencée, notamment à propos des flux.


Exemples : villes et systèmes de villes dans la mondialisation
Nouveaux réseaux et territoires

2 Vers une gouvernance territoriale réflexive


La gouvernance territoriale est à la fois multi-acteurs et multi-niveaux : comment s’articulent les processus descendants et ascendants? Les schémas binaires (par ex. centre-périphérie) ne suffisent plus, voit-on émerger des niveaux intermédiaires, et quelles sont leurs fonctions ? S’agit-il de relais ou de niveaux qui prennent une autonomie ? Comment se déroulent les interactions entre des interventions à différentes échelles ?

Comment penser la réflexivité, comment la mettre en pratique et évaluer ses effets ? Comment s’inventent de nouveaux modes de légitimation, entre démocratie représentative, participative, et gouvernance inclusive ?

Les démarches d’aide à la décision ou d’accompagnement, les procédures de négociation itératives ascendantes et descendantes doivent se caler par rapport à ces nouvelles réalités. Comment les instruments d’intervention vont interférer avec ces différents niveaux ? Comment coupler des dynamiques naturelles et sociales en identifiant des niveaux d’organisation, des échelles de temps et des maillages territoriaux pertinents pour un pilotage? Comment intégrer dans les modèles utilisés la diversité des représentations des acteurs, quel que soit leur niveau d’intervention ? Dans ces modèles décisionnels, il faut considérer autant les processus que les institutions, des configurations de concurrence et de coopération, des échanges symboliques autant que pratiques.

Il faut donc bien comprendre les méthodes d’intervention, définir pour chaque contexte territorial des instruments adaptés, l’encadrement de l’action étant à la fois un appui et un accompagnement.

Exemple : l’Union européenne hybride entre fédération d’états et super état ou inter état, émergence des régions ?
L’intercommunalité
Les dynamiques infra-institutionnelles
les objectifs et les réalisations des projets urbains et régionaux


3 viabilité et observation des territoires


L'analyse rétrospective et la prospective territoriale permettent d’améliorer les connaissances relatives à la viabilité à long terme des entités géographiques dans leur dimension sociale, économique, écologique, éthique. Les questions de mesure sont ici essentielles. Le choix des indicateurs, leur pondération, la définition des normes, l’identification des objectifs et des enjeux posent des problèmes spécifiques pour des territoires qui sont à la fois complémentaires et concurrents. Le défi est de construire des bases de données spatio-temporelles utiles au suivi de ces évolutions. Il faut organiser la comparabilité des dynamiques territoriales. Un problème majeur est celui de l'adaptation ou de la recréation de sources d'information, établies dans des unités administratives ou politiques à un moment donné, à la reconstruction d'entités géographiques évolutives. Comment construire des ontologies adaptées au très long terme pour des entités géographiques (villes, régions, réseaux par exemple) en fonction de leurs dynamiques propres? Ce travail est une étape nécessaire pour la mesure, l'interprétation, et l’évaluation des dynamiques territoriales.

Exemple : restructurations territoriales en fonction de l'élargissement de la portée des mobilités à différentes échelles
comparaison internationale d'entités urbaines évolutives
comparaison des agendas 21 locaux (qui tentent une combinaison entre des objectifs sociaux, économiques et environnementaux), ainsi que de leurs processus de révision.

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